Libre expression

Bienvenue dans la rallonge de mon compte Twitter. Blogue anarchiste, personnel et iconoclaste (i.e. pas nécessairement anarchiquement correct).




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[Film] The Black Power Mix tape 1967-1977 (avec sous-titre français)

Ce film est fascinant, c’est un documentaire sur la montée du mouvement d’affirmation noir aux États-Unis, le fameux mouvement Black Power. L’auteur est aller chercher des entrevues d’époques avec plusieurs acteurs de premiers plans (Stokely Carmichael, Angela Davis, Bobby Seale, etc.), qu’il mixe avec des rushs de télé prisent dans les grandes villes et des entrevues récentes avec des figures noires contemporaines.

Ce qui est hallucinant c’est que sa source première est… la télévision suédoise! En effet, à l’époque les médias américains ne s’intéressaient pas au Black Power, c’était des voyous pour eux. En revanche, vu de l’étranger c’était fascinant et éminemment intéressant. Il semble qu’à part la Suède elle-même, le pays que la télévision suédoise a le plus filmé furent les États-Unis. Le regard porté par ces européens progressistes sur l’Amérique ne plaisaient pas aux élites du pays de l’oncle Sam (l’éditeur de TVGuide dit même que la télévision suédoise est la plus antiaméricaine du monde libre!) mais ça donne du matériel excellent.

Malheureusement, la traduction laisse parfois à désirer mais, bon, on ne peut pas tout avoir!

L’objectivité n’existe pas

Lorsque, dans une autre vie, j’étais formateur à la Presse étudiante du Québec, l’un des éléments de notre credo le plus dur à faire comprendre aux journalistes en herbe c’était que “l’objectivité n’existe pas”. Cette idée du reportage objectif, neutre, est tellement ancrée que les jeunes ne pouvaient accepter cette réalité toute simple que le point de vue est déterminant dans la couverture médiatique. Nous leur disions qu’il était inutile, en tant que journaliste étudiant, de reprendre le point de vue de l’administration ou des autorités, celui-là est largement couvert, qu’il fallait plutôt, pour faire œuvre utile et être lu, prendre le point de vue étudiant.

J’ai repensé à tout ça quand j’ai vu cette vidéo. C’est tout simple, le Huffington Post a tout simplement juxtaposé deux reportages sur la même journée de bombardements à Gaza, l’un prenant le point de vue palestinien, l’autre le point de vue israélien. Malgré un ton objectif et le respect de tous les codes du genre, il est évident que ni l’un, ni l’autre n’arrive à présenter un point de vue objectif, neutre. J’aurais aimé pouvoir montrer ça dans mes formations à l’époque.

À voir (et dites-vous que c’est pareil pour tout, c’est juste que c’est vraiment rare de pouvoir présenter côte à côte deux reportages sur le même sujet prenant deux angles complètement différents)…

[Film] Saint-Gabriel de force (1979)

Québec n’a pas échappée, dans les années 1960 et 1970, à la vague de luttes qui a déferlée sur l’occident. Dans le lot, une nouvelle forme : la lutte urbaine.

À l’époque, les autorités détruisent des quartiers entiers pour faire place à de grandes tours et à des autoroutes. On rase à qui mieux les vieux quartiers populaires, qu’on dit insalubres.

Dans Saint-Jean-Baptiste, on a déjà rasé plus de 2000 logements pour construire les nouveaux édifices de la colline parlementaire et creuser les grands boulevards. Quand le pouvoir se propose de détruire aussi le sud du quartier, entre Saint-Jean et Saint-Cyrille (aujourd’hui le boulevard René-Lévesque), les gens de la rue Saint-Gabriel se révoltent.

Un petit groupe de personnes, mêlant jeunes plus ou moins radicaux (et barbus!) à d’autres locataires plus enracinés, s’organise en comité de citoyens et en coopérative d’habitation. Au bout d’une longue lutte, ponctuée de réunions interminables, d’occupations, de nombreuses manifs et de travail d’organisation acharné, la rue est sauvée et tout le côté sud est transformé en coop.

C’est cette histoire que le film “Saint-Gabriel de force” raconte. Après ça venez pas me dire qu’y c’est jamais rien passé!

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Psssit, dans le temps on mettais ça sur des bobines et Saint-Gabriel de force en avait deux… La 2ème est ici : http://vimeo.com/101536832

Five Broken Cameras

Ce documentaire, que je n’avais encore jamais regardé, raconte la résistance d’un petit village palestinien contre la construction du mur de séparation. C’est construit autour de la parole et des images d’un dude, un paysan, qui vient d’avoir une caméra, en même temps que son village entre en résistance. Ça montre le quotidien de l’occupation, de la colonisation, de la résistance. Pas de super-héros ici, que des hommes et des femmes que les circonstances amènent à faire des choses extrordinaires  Utile pour comprendre et humaniser la résistance palestinienne. À voir.

Solidarité Québec - Palestine

C’est un peu plus molo à Québec qu’à Paris. Quelques photos du Die-in de cet après-midi trouvée sur Facebook (ben oui, j’ai manqué le rassemblement comme un con).

Crédit photo : Rabah Moulla

goodmorningleftside:

momo33me:

Despite French President François Hollande’s ban on Palestine solidarity demonstrations, thousands of protesters marched in French cities on Saturday to condemn Israeli attacks on Gaza. Clashes broke out after riot police fired tear gas at protesters .19. July 2014

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Ça chauffe à Paris (photo de la manif interdite qui a eu lieu coûte que coûte)

Des fois il faut rapprocher les choses de soi pour essayer de visualiser un peu quel ampleur elles ont. Ainsi, selon Google, Montréal et la bande Gaza ont à peu près la même superficie (360 km2) et une population semblable (1,6M dans un cas, 1,8M dans l’autre).

Alors voilà, imaginez que 342 montréalais-es étaient mort-e-s sous les bombes depuis 12 jours et 2 390 autres blessés. Imaginez que 80% de ces morts là avait juste pas rapport, des gens que la mort vient faucher chez eux, du monde qui était au mauvais endroit, au mauvais moment (des enfants à la plage, tient, ou une famille qui n’a pas été capable de sortir grand-père de la maison en dedans de 57 secondes après le coup de semonce sur le toit).

C’est ça qui se passe en ce moment en Palestine. En face, il y a eu 2 morts civils israéliens et 3 soldats. Dont un touché par un tir ami.

Je suis retombé là dessus aujourd’hui. Ça date de juin 2010, j’avais posté ça sur mon Facebook parce qu’à l’époque je n’avais pas de blogue perso. Ça me semble toujours aussi pertinent.

Je fite pas

Je viens de finir «Clenched fists - Empty pockets», une brochure de Kersplebedeb. Ça parle des trajectoires de classe. Plus précisément de l’expérience des militants d’origine populaire dans la gauche petite-bourgeoise. C’est intéressant et ça ma fait réfléchir à ma propre situation fucké. Conclusion: je fite pas pis j’ai jamais fité.

Mes parents sont de la première génération à avoir eu accès à l’université. Pourtant, contrairement à plein de gens (la majorité) dans leur situation, ils venaient pas d’un background ouvrier mais plutôt d’employés. Leurs parents à eux étaient des cols blancs.

Pour différentes raisons, l’université n’a pas été un ascenseur social pour eux. Au final, malgré toute leur bonne volonté, ils se sont retrouvé à la même place que leur parents avant eux. Plus bas, en fait, parce qu’en cours de route ils avaient perdu l’affiliation syndicale et la job à vie.

Toujours est-il qu’enfant je me suis retrouvé dans un ghetto de pauvres de Ste-Thérèse. Mais je fitais pas. Les quatre ans que j’ai passé avec mon père, il était sur le BS. Déjà que c’était pas évident d’avoir un père monoparental (au lieu d’une mère monoparentale comme tous mes amis), en plus mon père était un chômeur en dépression avec un diplôme universitaire. Je me rappelle que vers huit ans j’ai essayé de lui trouver une job avec des amis… Mission impossible: tout ce qu’il y avait, tout ce qu’on connaissait, c’était les grandes usines (GM, Kenworth, etc.) ou les ateliers de mécaniques. Mon père dans un atelier de mécanique? You bet… Lui, il cherchait plutôt dans la section «carrière & profession» de La Presse du samedi [évidemment, il a jamais trouvé, mais ça c’est une autre histoire!]. Toujours est-il que je fitais pas. J’étais une bolle, un rat de bibliothèque, pis j’haissais le sport. En plus j’étais mal habillé, j’avais tout le temps faim pis mon père était bizarre.

Arrivé à Montréal, j’ai abouti chez ma mère. Grande amélioration. Elle était pas sur le BS et avait un chum. Bon, sa job était bizarre, apprendre à des adultes poqués à lire dans un appartement au lieu d’une école, mais c’était gérable et, surtout, explicable sans trop de honte. N’empêche que je fitais pas plus! À l’école, il y avait deux grandes gang. Les petits-bourgeois d’Outremont pis les bums de Côte-des-neiges. J’ai passé deux ans à me promener d’une gang à l’autre sans me sentir à ma place nulle part. Trop de culture et pas assez de sport pour les uns, pas assez de manières et d’argent pour les autres. Toujours un ostie de rat de bibliothèque rejet (c’est d’ailleurs à la bibliothèque que je me suis réfugié quand j’ai foxé mon premier cours à vie).

Plus tard, ça c’est un peu placé au secondaire. Je me suis retrouvé pendant un temps dans une classe de bolles dans une école publique rough & tough. Je me suis retrouvé à ma place dans une gang mixte d’immigrants et de québécois du même genre que ma mère (i.e. pauvre mais intello sur les bords). Mes nouveaux amis lisaient des livres *et* étaient obligé de travailler pour avoir de l’argent de poche. Plus tard j’ai lâché l’école et ça a été les punks. Là aussi aucun problème.

Mais je n’étais pas au bout de mes peines. Tout a recommencé dans la gauche. Ici, l’insulte suprême c’est «petit-bourgeois». Je me suis fait cataloguer comme ça assez rapidement par certains grands bonzes. À vue de nez, je devais avoir le profil. Intello, culture livresque, pas d’habilités manuelles. L’affaire est entendue. Je me souviens d’avoir dit à ma mère qu’on était de classe moyenne. Elle était en beau joual vert! Elle m’a garroché par la tête qu’elle avait jamais fait plus de 30 000$ de toute sa vie [à l’époque, fin 1980, début 1990, ça me semblait beaucoup d’argent mais j’ai déchanté depuis…] le tout suivi par une longue tirade sur les osties de communistes qui ont jamais rien compris pis qui lisent le Journal de Montréal pour «faire peuple» même si c’est insignifiant et décervelant (!)…

Malgré ma mère, je me suis laisser convaincre par la gauche que je n’avais pas le droit de me revendiquer prolo et que j’étais objectivement un petit-bourgeois. Et c’est comme ça que je suis abouti à Québec. Jeune à la dérive, ni tout à fait punk, ni tout à fait straigt. J’ai tenté un retour à l’école pour me rendre compte que, finalement, c’était peut-être pas pour moi. J’ai aimé le mouvement étudiant mais pas le cégep. J’ai décroché définitivement. Tant pis pour les diplômes. Ma rencontre des étudiants m’a d’ailleurs poussé à recommencer à me poser des questions sur mon identité de classe.

Depuis 15 ans, je fréquente des étudiants et des ex-étudiants. Forcément, la gauche en est peuplé. Il y a du bien bon monde, dont tout plein de monde comme moi. Mais cette fréquentation m’a forcé à reconnaître que je n’étais pas un petit-bourgeois. Je voudrais bien mais je n’ai pas le capital culturel. Je ne sais jamais trop comment me tenir, ni ce qu’il faut apporter à un souper. Il me manque encore plein de codes. J’ai trouvé des trucs pour donner le change, créer de l’illusion mais ce n’est pas mon monde. J’ai des amis que j’aime beaucoup dont c’est le monde mais je me sens toujours un peu en visite (comme quand je vais à la campagne). Je fite juste pas.

Bon. Prolo peut-être pas. Petit0-bourgeois non plus. Alors quoi? Il y a encore du monde pour remettre en question mon appartenance aux classes populaires. Après tout, j’ai une bonne job dans le communautaire avec un fort degré d’autonomie. Je ne suis pas exactement le plus opprimé des opprimés. Et pourtant (on pourrait s’en reparler de la job et de mes options professionnelles réelles…). Je fitte nulle part dans les petites cases. Nulle part ailleurs à part peut-être au milieu des gens avec lesquels j’ai grandi dans les quartiers des grandes villes. Avec le temps, je me suis rendu compte qu’on était une couple à pas aimer le sport et à préférer la lecture d’un polar.

Posté dans la catégorie «ça a l’air d’un blog-post mais c’est sur Face book parce que j’ai pas de blogue perso»

Hier le NPD a finalement publié une déclaration sur la situation à Gaza et en Israël. La voici. C’est comme je m’y attendais, pathétique. La seule chose qu’ils trouvent inacceptable et qu’ils condamnent sans équivoque c’est les roquettes du Hamas et des autres groupes armés palestiniens. Ils parlent de la “riposte” israélienne mais sont incapable de la condamner clairement. Tout ce qu’ils font c’est de demander un cesser le feu.

Ça me fait penser aux péquistes et autres bien pensant qui condamnaient la violence abstraitement pendant la grève étudiante du printemps 2012, qui mettaient la police et les militant-e-s sur un pied d’égalité.

Quand est-ce que les réfos et les mous de ce monde vont enfin réaliser / admettre / se souvenir qu’il ne peut pas y avoir de paix sans justice?

http://www.npd.ca/nouvelles/le-npd-demande-au-gouvernement-canadien-dappuyer-un-cessez-le-feu-au-proche-orient

Pour que notre monde travaille

Un film court mettant en vedette des membres de la FTQ-Construction de la Côte-Nord pendant une action sur la mobilité de la main d’œuvre. Ça vaut le coup, pour une fois, d’entendre la voix de ceux qu’on traite souvent de goons.