Libre expression

Bienvenue dans la rallonge de mon compte Twitter. Blogue anarchiste, personnel et iconoclaste (i.e. pas nécessairement anarchiquement correct).




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On a tous et toutes besoin de services publics

Près de 200 personnes ont participé à la manifestation de la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté à Québec. Réuni sous le thème «personne n’est à l’abri d’une chute» les manifestant-e-s en avaient contre les attaques envers les plus démunis et revendiquaient des services publics accessibles et gratuits.

La manif a commencée à l’Assemblée nationale et s’est promenée en haute-ville jusqu’au parc de l’Université du Québec où se tient la nuit des sans-abri.

Un succès

Depuis de nombreuses années, les groupes se contentaient d’un rassemblement symbolique, dans Saint-Roch, sur l’heure du midi pour souligner la journée. La foule n’était pas toujours au rendez-vous et cela déplaisait à plusieurs militant-e-s antipauvreté qui espéraient faire du 17 octobre une journée aussi importante que le 8 mars ou le 1er mai.

Comparée à la tentative de manif pas très convaincante de l’année dernière, la manif de cette année est une franche réussite. On pouvait croiser des militant-e-s de plusieurs réseaux communautaires, la CSN, des étudiant-e-s et les camarades de la fanfare Tint(A)nars. Reste à voir si la couverture médiatique sera au rendez-vous mais c’est clair qu’en faisant ça en fin de journée ça a permis à plusieurs personnes qui ne serait peut-être pas sorti de jour de venir et ça a créé un beau bouchon de circulation (un moment donné, une manif, faut que ça dérange un peu)!

Occupation d’un centre de tri à Repentigny

Une soixantaine de personnes —selon Radio-Canada— ont occupé pendant environ une heure ce matin le centre de tri de Repentigny pour protester contre la fin de la livraison à domicile.

Selon un communiqué des IWW le groupe était composé «d’usagers et d’usagères de la postes, de membres du Syndicat industriel des travailleurs et des travailleuses (IWW) Montréal ainsi que de membres de l‘OPDS». 

Pour le syndicat révolutionnaire «cette action en solidarité aux postiers et postières s’inscrit dans le mouvement de lutte aux mesures d’austérité et dans la campagne pour une journée de grève sociale le 1er mai 2015».

En effet, les différentes coupures budgétaires du gouvernement auront un impact sur les services et la qualité des services publics. Ainsi, c’est la population qui en subira les effets et ce, dans leur quotidien. L’abolition du service de livraison de la poste à domicile n’en fait pas exception puisque cela affectera l’accessibilité au courrier pour les personnes âgées, monoparentales, vivant avec un handicap, ayant des problèmes de vision, etc. Cela a donc des conséquences autant pour les travailleuses et travailleurs de la poste, puisque leur emploi est dorénavant en jeu, et pour les usagers et usagères. Ceux-ci et celles-ci ont donc tenu à démontrer leur solidarité et signifier leur colère face à la détérioration des services publics.

C’est dans ce contexte d’austérité que le Syndicat industriel des travailleurs et travailleuses Montréal lance un appel à la mobilisation pour une journée de grève générale nationale le 1er mai 2015. Pour plus d’information, nous vous invitons à visiter le site web du syndicat. (Source)

Crédit photo : L’Activiste

Selon l’Agence de presse kurde ANF, près de 4000 prisonniers et prisonnières du PKK (Parti des travailleurs et des travailleuses du Kurdistan) et du PAJK (Parti de libération des femmes du Kurdistan) dans 92 prisons turques ont commencé une grève de la faim pour protester contre la collaboration du gouvernement turc avec le groupe État Islamique (EI) face à l’attaque en cours des gangs de l’EI contre la ville kurde de Kobanê dans le Kurdistan syrien.

La grève de la faim illimité et irréversible a été lancée par les prisonnières du PAJK à Gebze le 9 octobre et ont été rejoint pas des milliers d’autres dans 92 prisons en date du 15 octobre.

Dans une déclaration publiée cette fin de semaine au nom des prisonniers et prisonnière„ Deniz Kaya a dit: “Comme prisonnières et prisonnier du PAJK et du PKK, nous déclarons notre solidarité avec les combattants et les combattantes des YPG et YPJ et nous annonçons que nous lançons une grève de la faim pour condamner la collaboration du gouvernement turc avec l’EI, l’attitude hostile de la police du gouvernement avec le soulèvement de notre peuple, et que nous continuerons cette action aussi longtemps que la menace de génocide pèsera sur Kobanê, que la collaboration du gouvernement avec l’EI durera et tant que le gouvernement turc n’ouvrira pas un corridor d’aide pour le Rojava. Si nos demandes ne sont pas satisfaite, nous allons radicaliser nos actions.”

Kaya a aussi appelé le peuple kurde à augmenter sa solidarité avec la résistance héroïque à Kobanê et pour dénoncer la collaboration entre le gouvernement et l’EI.

Les combattantes kurdes des Unités de protection des femmes (YPJ) ont fait irruption dans notre imaginaire, et à la Une de La Presse, le 30 septembre dernier. Ces femmes courageuses défendent farouchement, au moment d’écrire ces lignes, la ville de Kobanê, symbole fort d’une profonde révolution démocratique, contre les assauts des djihadistes fanatiques du groupe État Islamique (EI).

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Révolution au Kurdistan syrien

Kobanê, parions que personne ou presque n’en avait jamais entendu parler, est une petite ville kurde de 45 000 âmes du nord de la Syrie située tout près de la frontière turque. C’est la capitale régionale du Kurdistan syrien, la région de Rojava, qui compte trois cantons. Jusqu’au mois de juillet 2012, les Kurdes de Syrie vivaient une oppression nationale brutale. L’enseignement de leur langue était interdit, les enfants se faisaient battre s’ils la parlaient à l’école, leur région de peuplement traditionnel était soumise à une politique d’arabisation (colonisation) et leur économie essentiellement confinée à l’agriculture. Tout cela a basculé avec l’effondrement du régime syrien et la guerre civile.

Le Parti de l’union démocratique (PYD), un parti kurde syrien, a profité de la guerre civile pour remplir le vide politique, déclarer le Rojava « région démocratique autonome » et lancer une expérience démocratique avancée basée sur l’égalité homme-femme, la laïcité, l’égalité des langues et des nations, le respect des droits sociaux, économiques et culturels de tous et de toutes, un développement économique respectant l’environnement et la socialisation de toutes les terres, édifices et ressources naturelles. Une milice d’autodéfense, les Unités de protections du peuple (YPG) a été formée pour protéger le Rojava; les YPG sont mixtes, les unités féminines (YPJ), qui ont leurs propres baraquements et commandement, forment environ le tiers des troupes. Face aux autres forces armées en présence, notamment celles de l’ancien régime, les YPG kurdes appliquent une politique de « ni guerre, ni paix ». Ainsi, les YPG n’interviennent que si le Rojava est attaqué et elles n’interviennent pas en dehors du Kurdistan, par exemple elles sont allées prêter main forte aux peshmergas du Kurdistan irakien l’été dernier.

L’assaut criminel de l’EI

Depuis juillet 2014, les djihadistes de l’EI essaient de conquérir le Rojava ce qui leur permettrait de contrôler une large portion de la frontière avec la Turquie. L’EI veut instaurer un Califat couvrant au minimum de larges portions de l’Irak, de la Syrie, de la Turquie et du Liban. Son projet social et politique est une théocratie patriarcale, intégriste et moyenâgeuse. Le groupe est accusé de crimes contre l’humanité, notamment contre une minorité religieuse kurde, les Yésidis. On ne peut imaginer deux adversaires plus irréconciliables.

Depuis le 16 septembre, donc, Kobanê est assiégée par l’EI. Pour la communauté internationale, l’affaire est entendue, la ville est condamnée et va tomber très rapidement. Pourtant, la résistance kurde est acharnée; au moment d’écrire ces lignes, la milice kurde repousse les assauts djihadistes depuis un mois. Les YPG demandent des armes anti-char et l’ouverture de la frontière pour recevoir des renforts de ses alliés du Kurdistan turc. L’ennui c’est que le PYD est affilié au PKK, un parti qualifié de terroriste par la communauté internationale à cause de sa lutte de 30 ans en Turquie. Or, sans armes pour la résistance kurde, c’est l’espoir de la « région autonome démocratique » de Rojava qui risque de mourir.

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Texte rédigé à la demande de l’équipe de Droit de parole et publié dans le numéro d’octobre du journal (le numéro complet est ici, l’article en page 4).

Malheureusement, on ne peut pas trop trop se fier sur nos médias pour comprendre ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient, notamment au Kurdistan. Heureusement, grâce à Internet, nous avons accès à plus de médias, dont certains sont plus dégourdis (ou téméraires) que les nôtres.

Vice-News, par exemple est allé en Syrie l’année dernière pour enquêter sur les forces présentes sur le terrain. Il en est ressorti le reportage ci-haut sur les forces Kurdes (ils ont aussi fait une série sur les djihâdistes de l’EI). Certains diront que c’est juste de la propagande, puisque bien évidemment les reporters ne peuvent montrer que ce que les protagonistes veulent bien leur montrer, moi je dit tant mieux dans le fond puisque ça peut nous donner une idée de comment les forces en présence se voient et comment elles veulent être vues (ainsi, à regarder la série sur l’EI, il n’y a aucun doute : ce ne sont pas nos amis!).

Évidemment, il y a des limites à ce que le reportage télé, même alterno-branché, peux montrer et expliquer. Pour comprendre qu’est-ce que les forces kurdes sont en train de faire au juste en Syrie, quel modèle politique et social elles sont en train d’instaurer, on lira à profit le récit de voyage d’un anarchiste kurde.

En lisant ce rapport, on est pris de vertige. Et s’il y avait une révolution sociale aux forts accents libertaires qui était en train de se passer au Moyen-Orient sans qu’on s’en rende compte? Et si on était en train de se faire (re)faire le coup du Mexique (pendant la révolution mexicaine les anarchistes francophones se sont obstinés pendant un an pour savoir si oui ou non il fallait soutenir Zapata et cie)?

Les anarchistes turcs, dont plusieurs viennent de passer la frontière pour se porter à la défense de Kobane (une ville kurde de Syrie actuellement assiégée par l’EI), ont tranché la question : «Quiconque se dit révolutionnaire devrait ressentir chaque balle tirée sur Kobane comme une balle tiré sur sa personne, donc nous appelons tout le monde, et spécialement les révolutionnaires, à prendre la défense de la résistance à Kobane.»

Les combattantes de YPJ

On peut difficilement imaginer un affrontement entre deux forces aussi diamétralement opposées, D’un côté les forces obscurantiste de l’EI, de l’autre les forces progressistes kurdes. Les combattantes kurdes sont sans doute l’exemple le plus frappant de cette opposition. Les forces kurdes sont en effet mixtes et comptent environ un tiers de femmes dans leurs unités. Mieux, les femmes ont leurs propres unités : les YPJ.

Cette vidéo veut leur donner la parole. Elles parlent d’elles, de leur oppression nationale et de leur oppression comme femme, de leur combat, de leur féminisme et de leur anticapitalisme, des transformations sociales qui sont en train de se produire, etc. Même s’il s’agit de toute évidence d’une vidéo de propagande très sympathique à la cause, on ne fait pas l’impasse sur les contradictions du groupe. Le culte de la personnalité voué à «Apo» (1) crève ainsi l’écran. Mais ça vaut vraiment le coup de la regarder.

Pour ceux qui aimerait un reportage un peu plus «neutre» et plus récent, vous pouvez regarder celui-ci produit par la télévision australienne. Les discussions politiques sont beaucoup moins profondes mais on voit des combats et il y a plus d’action… Dans un autre ordre d’idée, Marie-Claire a un reportage photo avec plein de portrait et des entrevues avec les combattantes kurdes.

Si vous voulez être tenu au courant de ce qui se passe à Kobane et au Kurdistan dans une perspective féministe, je vous conseille de suivre The Middle Eastern Feminist sur Facebook ou sur Twitter.

1) Le petit nom affectueux d’Abdullah Ocalan, le leader historique du PKK, c’est le moustachu qu’on voit un peu partout sur des affiches et des drapeaux. Quiconque nie la parenté entre les forces kurdes en Syrie et le PKK est un aveugle et / ou un imbécile.

Pis, finalement, ils se battent pour quoi les kurdes?

Quand cet été les nouvelles ont commencé à sortir de combats en Irak entre kurdes et djihâdistes, je suivais ça de loin. Puis, les kurdes de Syrie sont intervenus et sont allé en Irak prêter main forte aux peshmergas. C’est à ce moment que l’info a commencé à filtrer que ça faisait plus de deux que les kurdes syriens résistaient aux islamistes, qu’ils avaient pris le contrôle effectif de la zone kurde de Syrie et que c’était en fait le PKK qui menait le bal. Déjà, c’était gros mais, ouf, quand j’ai commencé à lire que le PKK avait pris un tournant libertaire, là je me suis dit «non mais ils exagèrent»…

Au début c’était des anars qui disaient ça :

Puis ce furent d’autres courants et des groupes de solidarité internationale.

Et finalement, ce furent des stations de télé mainstream :

Évidemment, je n’ai comme vous aucun moyen de savoir ce qui se passe réellement sur le terrain mais je me dit qu’il ne peut pas y avoir de fumée sans feu. Je me suis donc mis à chercher des textes programmatiques du PKK pour juger par moi-même. Comme c’est un groupe hiérarchique dont le leader est un intellectuel emprisonné depuis 1999, ce ne fut pas trop dur à trouver!

Il s’avère vrai que la direction du PKK a adopté depuis quelques années une perspective politique non-étatique quasi libertaire qu’elle appelle le confédéralisme démocratique.

J’ai trouvé une brochure de 50 pages intitulée Le Confédéralisme démocratique dans laquelle le leader du PKK, A. Ocalan —vous savez le moustachu que l’on voit partout, sur des affiches dans les maisons des miliciennes ou sur les drapeaux jaunes que les kurdes traînent dans toutes les manifs—, détaille son nouveau programme politique. Ça se lit comme un classique anarchiste (sauf que le mot anarchiste n’apparaît nulle part). Murray Bookchin, et Pierre Kroptkine à travers lui, sont des influences clairement reconnaissable. Lisez le vous-même, c’est pas très long :

***

Un vieux guerrier aux accents libertaires
Extrait de la brochure d’Ocalan:

L’Etat-nation est un État centralisé, aux attributs quasi-divins, qui a totalement désarmé la société et monopolise l’usage de la force.

(…)

La modernité européenne a fourni à l’Etat tous les moyens nécessaires à l’expansion de sa bureaucratie dans toutes les couches de la société. Là, il se développa comme une tumeur, infectant toutes les forces vives de celle-ci. Si l’Etat-nation est la colonne vertébrale de la modernité capitaliste, il est aussi une prison pour la société naturelle. Sa bureaucratie garantit le fonctionnement du système, la base de la production des biens, ainsi que les profits engrangés par les acteurs économiques concernés, qu’il s’agissent d’un État-nation socialiste réel ou bien à économie de marché. Au nom du capitalisme, l’Etat-nation domestique la société et aliène la communauté de ses fondations naturelles. Toute analyse visant à localiser et résoudre les problèmes sociaux doit donc procéder à un examen approfondi de ces relations. (p. 14)

Depuis des décennies, les Kurdes luttent non seulement contre l’oppression exercée par les puissances dominantes et pour la reconnaissance de leur existence, mais également dans le but de libérer leur société de l’emprise du féodalisme. Il serait donc illogique de se libérer pour s’enchaîner à nouveau, voire même augmenter l’oppression. Dans le contexte de la modernité capitaliste, c’est pourtant à cela qu’équivaudrait la fondation d’un État-nation. Tant que l’on ne s’opposera pas à la modernité capitaliste, la libération des peuples demeurera impossible. Voilà pourquoi la fondation d’un État-Nation kurde est, pour moi, inenvisageable.

L’appel à la création d’un État-nation kurde séparé représente les intérêts de la classe dirigeante et ceux de la bourgeoisie, mais ne reflète en aucun cas les intérêts du peuple. (p. 21)

On peut qualifier ce type de gouvernance [le confédéralisme démocratique] d’administration politique non-étatique ou encore de démocratie sans Etat. (p. 23)

…Mais c’est pas encore de l’anarchisme

Le programme politique d’Ocalan est assez direct : construisons le nouveau pouvoir populaire ici et maintenant plutôt que de rechercher une confrontation directe ouverte (une révolution classique). Ocalan est clair : “En ce qui concerne les États-nation, républiques ou démocratie, le confédéralisme démocratique est ouvert au compromis par rapport aux traditions étatiques ou gouvernementales. Il privilégie la coexistence égalitaire. (p. 24).” L’idée est simple : construisons les communes (*) comme nouvelles institutions politiques centrales, socialisons l’économie par des coops, fédérons tout à partir de la base sur le mode de la démocratie directe, armons le peuple et formons des milices d’autodéfense —au cas ou les États n’accepteraient pas une co-existence égalitaire— et voilà. Le nationalisme et la prise du pouvoir d’état sont explicitement rejeté.

La différence avec Bookchin (et l’anarchisme classique) c’est que Bookchin est beaucoup plus précis en ce qui concerne l’économie : elle doit être socialisée et placée sous le contrôle de la Commune. Pour sa part Ocalan parle vaguement de socialisme démocratique et de coops. De plus, Bookchin ne croyait pas que les communes pouvaient co-exister avec l’Etat-nation, lui aussi était en faveur de l’autodéfense et d’armer le peuple mais il était clair qu’aussi tôt qu’une situation de pouvoir duel allait émerger, il y aurait un conflit et soit l’Etat-nation, soit la Commune serait écrasée. Ocalan, au contraire, insiste que le confédéralisme démocratique ne menace pas l’intégrité des quatre Etats entre lesquels sont écartelées les zones de peuplement kurdes (ceci dit, ça me semble plus une question tactique que théorique, une façon de montrer patte blanche pour gagner le droit d’exister).

Deux choses sur lesquelles Ocalan et Bookchin sont d’accord et qui sont en contradiction avec l’anarchisme c’est la question du leadership et des partis politiques (La rupture de Bookchin d’avec l’anarchisme classique à commencée à se manifester dans sa défense du leadership et de l’existence d’une avant-garde objective, la formation d’un parti et la participation aux élections locales… Toutes des choses que le PKK fait avec vraisemblablement beaucoup plus de succès que les Vermont Greens ou Montréal Écologie ;-) ).

(*) C’est plutôt étrange, commune chez Bookchin réfère à la vision européenne classique (la municipalité), tandis que chez Ocalan c’est moins clair et ce n’est pas nécessairement une unité administrative ou une instance politique géographique, ça peut tout aussi bien être ce que nous nous appelons un collectif ou un comité de quartier.

Aujourd’hui la constitution des cantons autonome de Rojava (le Kurdistan syrien) a commencé à circuler sur Internet. Ce n’est pas une constitution anarchiste, plutôt une constitution démocratique (très) radicale. Le langage est plutôt «réformiste» mais, objectivement, elle est largement en avance sur la constitution de presque tous les États occidentaux. Si jamais les mouvements sociaux progressistes écrivaient une constitution pour le Québec, ça ressemblerait peut-être à ça et sans doute pas aussi à gauche.

Entre autre chose, la constitution intègre non seulement la déclaration internationale des droits de la personne mais aussi le Pacte sur les droits économiques, sociaux et culturel. On met aussi spécifiquement l’emphase sur les droits des minorités, notamment religieuse, l’égalité homme-femme, les droits syndicaux (le droit de grève dans la constitution), le droit au logement, la démocratie et l’écologie et vraiment plein, plein d’autre chose. Au plan économique, on reconnait le droit à la propriété privé mais du même souffle on annonce que toutes les terres, les bâtiments et les ressources naturelles sont de propriété publique (et ce dans une zone essentiellement agricole et pétrolière!).

À lire : The Constitution of the Rojava Cantons

Aussi à lire, dans un autre ordre d’idée, un message des anarchistes sur place : « La révolution l’emportera à Kobanê ! »

We believe that the PKK is a Stalinist, Maoist and terrorist organisation that was created in the climate of terror, suppression and oppression. The military, fascist and racist government in Turkey pushed the situation further and further until the announcement of the birth of a radical, popular but suicidal organisation, the PKK. In our opinion they serve neither their cause nor that of the working class. In fact, what they do by their actions is give justification to the military government to damage the Kurdish question nationally and internationally. they ( PKK & Turkish Government) have caused the destruction of so many Villages and small towns, displacing million of people, killing so many innocent people.

The Turkish government and the PKK actually help each other. The PKK makes the Turkish government stronger, and the working class issue much weaker. At the same time, the way the Turkish government has tackled the problem has made the PKK stronger - at least in some parts of Kurdistan.

These actions by both of them have made the working class and anarchist movement in Turkey weaker and weaker.

Interview with Kurdish anarchists, 2010 (alasbarricadas.org)

link

(via rakaizombie)

1. 1- I never really understood exactly what the KAF is? Like are they actually just an internet forum or a group that meets? Not being an ass, I honestly just don’t know. I think it’s odd that they seem to have a spokesperson/someone to answer interview questions when idk what exactly the KAF is, and I’ve been trying to find out for a while.


2- Idk how much I care what the group has to say though either way. They were on the books in 2013 saying that “Anarchism is a pacifist ideology.” I think what they mean by “their actions…give justification to the military government and damage the Kurdish question” is that they disapprove of any violent acts. I also disapprove of untargeted violent acts, and I think all leftists should be concerned about the way that left looks/how its actions can be used against it but I’m wary of anyone who refers to anarchism as pacifist. Obvs they get to be right on some things and wrong on others (the group- whatever it is- isn’t god) but that seems like a view of anarchism I’m not willing to sign off on.

3. They said themselves in that interview that they do not “have any relationships with other leftist groups.” That, to me, smacks of elitism, selfishness, and a valuing of ideological purity over anything else. They’ve also said as recently as 2012 that they will “only support the PKK when they give up the armed struggle completely, engage in organising popular grassroots mass movements for the sake of achieving the people’s social demands, denounce and dismantle centralised and hierarchical modes of struggle and instead turn to federated autonomous local groups, end all relations and dealings with the states of the Middle East and the West, denounce charismatic power politics, and convert to anti-statism and anti-authoritarianism — only then will we be happy to cooperate with them fully.” 

In the same article they said that “[t]he difference between [them] and the rest of the opposition including leftists, communists and social democrats is that [they] neither believe in armed struggle nor in elections & so called parliamentary “democracy” as effective or legitimate means of changing society.

Basically idk how useful this interview is because it’s dated at 2010 and the group seems kinda like a group of kooky pacifists who don’t quite want to actually do anything. I think the PKK’s ability to organize, mobilize popular support, and literally defend a stronghold using arms speaks for its ability to speak to Kurds, and isn’t that basically what it’s about? Even if they aren’t organizing or mobilizing the way we think they should, idk, I think there’s value in a group which has been very openly radical and leftist and god knows how it’ll end up there but they’re at least taking up armed struggle while the KAF has literally said they won’t do anything until the PKK agrees with them to put down the guns.

(via queercommunist)

Yeah they are an internet forum for (mostly exiled) Kurdish anarchists, not a group as such, more a writing collective. I’m not sure of they are out and out pacifists and obviously I’m not on board with that - but I think they are more than justified in criticising the PKK. I don’t see why any anarchist should support them, given that the basis of their ideology is ethnic nationalism and they engage in blatantly anti-working class actions (the campaign of abducting and executing primary school teachers for example)

(Via class-struggle-anarchism)

My two cents :

I think your [Class-struggle-anarchism] vision of the PKK is outdated. The PKK have changed a lot in the last decade rejecting among other things Leninism, the goal of a Kurdish Nation state, and ethnic nationalism.

I too was under the impression it was a Stalinist national liberation outfit but it seem they apply to themselves that old Maoist idea of selfcriticism. The party did change a lot and now embrace something they call democratic confederalism inspired by Murray Bookchin. You should check it out for yourself, there’s a lot out there about the current goals and ideology of the PKK.

Ak press just published a list of sources in English about all that

http://www.revolutionbythebook.akpress.org/some-reading-to-understand-whats-happening-in-kobane-and-rojava/

(via class-struggle-anarchism)

Matzpen, les juifs antisionistes

Dans les années 1960 un tout petit groupe d’israélien-ne-s ont quitté le Parti communiste pour fonder une petite organisation socialiste dont la particularité était d’être anti-sioniste. Pas non-sioniste, anti-sioniste. Au début, personne ne fait attention à eux. Jusqu’à la guerre de 1967, où ils deviennent un genre d’ennemi intérieur et cristallisent la haine de leurs concitoyens. Matzpen fut la seule organisation israélienne a aller critiquer Israël en Europe, la seule à faire le pont avec les palestiniens, à érablir des liens fraternels avec le Front démocratique de libération de la Palestine (l’aile socialiste et démocratique de l’OLP).

Daniel Cohn-Bendit disait que Matzpen était l’honneur d’Israel.

Ce film, sous-titré en anglais leur est consacré. Aujourd’hui c’est de vieux bonhommes et des vielles bonnes femmes mais, bordel, ils et elles sont encore là, debout et en lutte! À voir (c’est en hébreu et en anglais, sous-titré en anglais).

Les anarchistes turques manifestent à Istanbul en solidarité avec Kobanê (photos reprises du Facebook de DAF).

class-struggle-anarchism:

Reading about the historical anarchist movement has really made it obvious to me how little our depiction in the mainstream media matters to the success or failure of our ideas and organising. You literally couldn’t have worse press than anarchists got in the late…

[Trad. :] Lire sur le mouvement anarchiste historique m’a vraiment fait réaliser à quel point le portrait que l’on trace de nous dans les médias mainstream compte peu dans le succès ou l’échec de nos idées et de notre travail organisationnel. Il est littéralement impossible d’avoir une presse plus négative que celle qu’avait les anarchistes à la fin du XIXe et au début du XXe. Nous étions bestiaux, dépravés, sataniques, cannibales, pervers, tout ce que vous pouvez imaginer.

Et, pourtant, la période la plus anti-anarchiste de la presse est survenue tout juste au moment de notre plus haute popularité dans la classe ouvrière. Notre mouvement n’a probablement jamais été plus grand et mieux soutenu qu’il ne l’était à la fin du XIXe siècle au moment ou toute la presse était hystérique…. Les gens n’avaient rien à faire de ce qui se disait dans le journal, ce qui les intéressait c’est ce qui se passait au jour le jour au travail et dans la rue. Un seul acte d’authentique solidarité vaut un million d’éditoriaux. Les gens ne sont pas stupides!

Si la ville de Kobané tombe, ce ne sera pas une honte pour nous, car nous résisterons jusqu’à la dernière goutte de sang, mais une honte pour l’humanité.
Saleh Moslim co-président du PYD