Libre expression

Bienvenue dans la rallonge de mon compte Twitter. Blogue anarchiste, personnel et iconoclaste (i.e. pas nécessairement anarchiquement correct).




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J’ouvre le livre sur l’histoire du Comité des citoyennes et des citoyens du quartier Saint-Sauveur, au troisième paragraphe du premier chapitre, je trouve cette citation :

Il ne faut pas laisser les choses comme elles sont et nous contenter d’en parler. Il faut mobiliser la misère pour combattre la misère, la pauvreté pour combattre la pauvreté, les endettés pour combattre l’endettement, les trahis pour éliminer la trahison, les exploités pour vaincre l’exploitation. Et il nous faut d’abord nous mobiliser nous-même.

Qui a dit ça? Un fou, un communiste, un hippie? Ben non. C’est Marcel Pépin. Il l’a même pas dit dans une grande envolée oratoire, il l’a écrit noir sur blanc dans «Le deuxième front», son rapport moral de président au congrès de 1968 de la CSN.

C’est triste mais je n’imagine pas deux secondes un président de centrale syndicale dire ça aujourd’hui. Pas juste parce que ça ne passerait pas mais tout simplement parce qu’il y a belle lurette que ni les syndicalistes, ni les syndiqués, ne s’identifient plus à la misère, la pauvreté, l’exploitation. Reste l’endettement et, sans doute, la trahison (quoi que, dans ce cas, ce ne soit pas particulièrement mobilisateur…).

La campagne électorale étant (enfin) terminée, on peut passer aux vraies affaires! Comme par exemple la prochaine campagne de mobilisation anticapitaliste à Québec…

Un comité de Subvercité a travaillé très fort et est très fier de pouvoir présenter aujourd’hui un argumentaire pour une campagne sur la gratuité du transport en commun à Québec.

La prochaine assemblée générale de Subvercité sera très importante… et très plaisante. Nous allons parler de politique, adopter une position commune sur un enjeu concret et décider comment agir de concert pour changer les choses.

J’en profite pour vous rappeler que le Collectif Subvercité et ses assemblées générales sont ouvertes à toutes les personnes qui désirent s’impliquer.

==> L’évènement facebook de l’AG : https://www.facebook.com/events/1433983533515759/

Je dois être malade dans la tête… Je ne suis même pas triste ce matin. Coudons, les libéraux ont été élus, c’est des choses qui arrivent. C’est long quatre ans, je sais. Mais bon, on va faire avec, on a toujours fait avec.

Par contre, pour être franc, s’il avait fallu que je me réveille avec un jeune poteau dynamique mais libéral comme député, je serais peut-être de moins bonne humeur. Et ça a passé proche, il aurait suffit que le vote d’ON se tasse un peu moins, qu’un peu plus de gens boudent le PQ, qu’un peu moins de vieux fédéralistes soient morts dans les dernières années.

J’ai écris il y a quelques jours une chronique intitulée 4 297. C’était la majorité d’Agnès Maltais en 2012. Comme elle n’était jamais descendue en bas de 1 690 voix de majorité, je disais que je pouvais ben faire ce que je voulais (voter, pas voter) ça allait rien changer.

Ben j’ai failli me tromper. Cette fois-ci, Agnès Maltais a été élue avec 451 voix de majorité. Ça ça veut dire qu’elle a étiré l’élastique en titi depuis 4 ou 5 ans. Elle a fait plein de trucs au fil des ans qui ne passent pas auprès de son électorat, dans son comté —l’appui à l’amphithéâtre, les coupures à l’aide sociale— pour aider le national et le régional. Jusqu’à maintenant, ça ne changeait rien, les gens (enfin assez de gens) votaient pour elle pareil. À 451 voix de majorité va falloir qu’elle pense un peu plus à ses propres intérêts et sa réélection dans quatre ans, si toutefois elle se représente.

Ça tombe bien, Agnès Maltais a toujours été une bien meilleure députée de l’opposition que comme ministre. Et elle sait que Taschereau est autant sinon plus un comté de gauche qu’un comté souverainiste. Ça va peut-être grincer un peu au début par contre (il y a des choses que les membres des groupes populaires, surtout les groupes de personnes assistées sociales, ne sont pas prêts de lui pardonner).

On est dans la merde…

Inutile de le nier. Dix-huit mois après avoir mis les libéraux à la porte, les revoilà avec un gouvernement majoritaire. Il va falloir reprendre le sentier de la lutte. Comme dirait un ami sur Facebook : «il faut pas laisser la chance au Couillard».

Ce qu’il y a de bien (tout étant relatif par ailleurs), c’est que le PQ est bel et bien battu. Impossible cette fois d’additionner les votes de tous les partis souverainistes et de dire que c’est la faute à la division du vote. Même en mettant ensemble tous les votes du PQ, de QS et d’ON, le PLQ gagne pareil. Cela forcera (peut-être) les péquiste à regarder dans leur cour au lieu d’accuser la planète entière pour leurs déboires.

Qu’est-ce qui c’est passé au juste? On peut épiloguer longtemps sur les raisons du résultat électoral. Il semble que les stratèges proches de Marois attribuaient le gouvernement minoritaire de 2012 au fait d’avoir été trop à gauche. Dès qu’ils ont pu, ils ont opéré un recentrage sur les plans socio-économique, avec deux budgets d’austérité d’affilée, et identitaire avec la Charte des valeurs. Le pari était qu’il y avait plus d’électeurs à aller chercher à droite qu’à gauche.

Ça a failli marcher… jusqu’à ce que la question référendaire revienne sur le tapis. Les péquistes l’avaient peut-être oublié mais le monde de droite sont en général réfractaire au changement. Résultat, alors que le virage à droite des péquistes leur a fait perdre 300 000 votes par rapport à 2012, la peur du référendum en a donné 350 000 de plus aux libéraux.

…mais pas tant que ça

Je suis un éternel optimiste et, malgré, le retour en force des libéraux, je trouve quand même des raisons d’espérer. Une de ces raisons est la progression importante de Québec solidaire, notamment dans les circonscriptions les plus urbaines de Québec.

L’élection de 2012 était exceptionnelle en ce qu’elle se tenait sur fond de fort mouvement social et, donc, de visibilité accrue pour le petit parti de gauche. Et de fait, les solidaires avaient obtenus de bons scores dans les quartiers centraux et les premières banlieues. Le contexte est totalement différent, et franchement déprimant en 2014. Pourtant, Québec solidaire progresse par rapport aux dernières élections.


Au centre-ville

Taschereau (Centre-ville) => 11,69% en 2012 => 15,1% en 2014

Jean-Lesage (Limoilou) => 7,98% en 2012 => 11,39% en 2014

Dans les premières banlieues…

Jean-Talon (Sillery et Sainte-Foy) => 6,4% en 2012 => 8,57% en 2014

Vanier-Les-Rivières => 3,18% en 2012 => 4,37% en 2014

Charlesbourg => 3,89% en 2012 => 4,67% en 2014

Montmorency => 3,46% en 2012 => 4,5% en 2014


Évidemment, ça reste très minoritaire comme écho pour les idées de gauche [et on s’entend que QS c’est pas non plus le nec plus ultra du radicalisme] mais c’est de moins en moins anecdotique. Je sais bien qu’il faut manier les résultats électoraux avec des pincettes. N’empêche, je me dis que tout n’est pas noir. Il y a une progression de l’opposition aux politiques d’austérité.

Après, ça ne veut pas dire que ça va nécessairement se traduire dans les luttes. Et comme c’est là que ça compte, c’est à ça qu’on va pouvoir s’atteler pour les quatre prochaines années.

Premier mai 1994.

Il pleut à Montréal.

C’est la première fois de ma vie que je vais à une manifestation de la journée internationale des travailleurs et des travailleuses de mon propre chef, sans mes parents. Notre petit collectif anarchiste en était à ses premières armes, nous avions appelé à un black bloc pour la marche syndicale. J’étais joyeux et confiant.

Le choc fut brutal. Si ma mémoire est bonne, nous étions 12 et ils étaient 12 000. C’était une mer de fleurs de lys, la marche était ouverte par Jacques Parizeau, alors chef de l’opposition. Incompréhension totale. Plusieurs services d’ordre syndicaux nous prenaient pour des agents provocateurs voir des fascistes (si, si) à cause de notre look guerrier et de nos slogans antinationalistes. Nous nous sommes fait expulser des cortèges un par un, parfois assez violemment (bonjour la FTQ!). Nous avions fini par nous coller sur un cortège de mexicains pro-zapatistes. Je me suis rarement senti aussi minoritaire.

Ces années là, les péquistes étaient partout. Non seulement on voyait Jacques Parizeau ouvrir la marche du premier mai mais on le voyait aussi sur le podium à la fin de la marche du pain et des roses. Je me souviens d’avoir même vu Louise Harel dans des états généraux du mouvement étudiant pour parler de l’UGEQ(!).

Et il n’y avait pas que des ténors, il y avait aussi des centaines, voir des milliers de «petites mains». J’ai un souvenir vif d’une manif étudiante contre la réforme Axworthy, juste avant le référendum, où le monde des fédérations avait distribué des milliers de petits drapeaux du Québec en plastique aux manifestants. Au référendum les exécutifs des associations s’étaient transformés en comité du oui. C’était clair, net et précis que les principaux mouvements sociaux étaient péquistes.

* * *

Automne 1998.

Je suis à Québec et orphelin. Mon collectif est mort. J’ai des amis à Montréal qui font une campagne «Votez bien, votez rien» mais ici, à Québec, le cœur n’y est pas.

Dans le mouvement populaire où j’ai commencé à militer j’ai rencontré des gens du Parti de la démocratie socialiste (PDS). J’ai besoin de faire quelque chose. Le PDS a un grand local électoral sur Saint-Vallier, dans une ancienne manufacture. Le local est grand mais il n’y a jamais personne à part une dame sympathique qui écrit des éditoriaux sur le féminisme matérialiste dans Droit de parole (honte à moi, j’ai oublié son nom). En désespoir de cause je donne mon nom pour de l’affichage.

J’aime ça faire de l’affichage. Dans mon milieu, c’est quelque chose qui se fait en gang. C’est le B-A, BA du militantisme, le strict minimum. À l’époque, on juge un groupe politique à sa capacité de couvrir la ville d’affiches. S’il est vraiment gros, il fait du tractage massif, voir du porte-à-porte.

À ce moment précis, j’étais prêt à faire des compromis politiques pour un gain d’efficacité. Les anars de ma gang étaient sur le cul alors je suis allé voir les socialistes. Méchante douche froide. Je crois que je suis le seul, avec le candidat, à avoir donné mon nom pour de l’affichage. Tous les autres militants socialistes que je connaissais étaient candidats dans d’autres comtés et devaient faire leur propre affichage tout seul. Stupéfaction. En 1998, les forces réformistes étaient moins nombreuses et moins bien organisées que les anarchistes.

En parallèle, le PQ présentait une nouvelle candidate dans le comté. Je me souviens très bien que plusieurs organismes communautaires du centre-ville avaient accepté de prêter locaux et lignes téléphoniques pour faire du pointage en soirée. La direction du groupe populaire où je militais avait accepté de la rencontrer pour échanger sur les enjeux de la campagne. Elle connaissait tout le monde par son petit nom et les gens l’appelait elle par son prénom. Ça allait de soit, ça n’avait même pas l’air fake.

* * *

Hiver 2007.

Je suis dans un party de gauchistes en basse-ville. Les relations avec les socialistes, qui s’étaient sérieusement refroidies autour du Sommet des Amériques, commencent à se réchauffer. Dans les faits, depuis qu’on est plus étudiantes et étudiants, on ne se croise plus, socialistes et anarchistes vivent sur deux planètes distinctes. Alors les party sont des moments de se mettre à jour autour d’une bière.

Depuis une dizaine d’années, les socialistes sont dans une dynamique d’union de la gauche. À chaque élection leur parti fusionne avec un autre et change de nom. Les camarades ont tout essayé, ils ne sont juste pas capable de traverser le mur du son et de dépasser les frontières de la gauche politique (ce qui, à Québec à l’époque, signifie en pratique les frontières du trotskysme). Sauf que là ils et elles pensent avoir peut-être trouvé quelque chose : au national il y a plusieurs figures connues de la gauche sociale qui se sont ralliées et au niveau local on espère une candidature d’envergure pour changer les choses.

Et effectivement, quand Serge Roy fait le saut, ça change la donne. Serge c’est une conjoncture assez particulière. D’abord, c’est quelqu’un d’aussi à gauche sinon plus à gauche que mes vieux amis socialistes. Mais il a l’avantage d’être connu —c’est l’ancien président du syndicat des fonctionnaires et il milite à Québec depuis le début des années 1970— et il a un poids, tant au national qu’au régional, que personne dans la gauche politique n’a. Quand il parle en congrès, le monde l’écoute, on ne peut l’ignorer. En plus, comme jeune retraité, il est très disponible en tout temps (et pas juste en campagne électorale).

L’impact électoral est immédiat et évident : le nombre de votes de gauche passe de 1 176 à 2 741, soit de 3,54% à 8,24%, alors même que partout ailleurs on parle de montée de la droite (c’est l’année de la percée de l’ADQ).

En parallèle, le Parti québécois commence à avoir des difficultés. On cherche de plus en plus les militants péquistes. Il y en a mais ils sont beaucoup moins nombreux et plutôt vieillissant. Dorénavant, on offre à des militants de groupes communautaires ou des locataires de logements sociaux qui ne sont même pas membres du parti de remplir des postes payés (scrutateurs genre). C’est une belle attention, le monde est pauvre tsé, mais ça dit aussi quelque chose sur l’état du parti.

* * *

En 2003, je me souviens que j’avais spoté une affiche en coroplast de l’UFP visible de la terrasse du Scanner. C’était la première que je voyais. Il y en avait tellement pas! Aujourd’hui, QS a rien à envier à personne côté pancartes.

En 2012, je me suis intéressé un peu à QS, par curiosité. J’ai été obligé de constater qu’au centre-ville de Québec c’était devenu un (petit) parti de masse. Il y a maintenant quelques centaines de personnes dans la ville prêt à faire comme moi en 1998 et donner un coup de main. Le parti a eu 4 416 votes dans Taschereau (11,69%). C’est à peu près aussi gros que la gauche sociale ça.

Cette année Serge Roy a laissé sa place à la relève. Je ne sais pas si Marie-Ève Duchesne va maintenir les acquis ou obtenir plus de voix. Ce que je sais par contre c’est que la gauche à bien changée. Il y a deux semaine, la candidate solidaire faisait du porte-à-porte dans ma coop. Elle était accompagnée d’une de mes voisines que je ne savais même pas qu’elle était politisée (encore moins membre de QS). Pour moi c’est un signe.

Et pendant ce temps là au PQ? Les candidats de Taschereau et Jean-Lesage —les deux comtés les plus péquistes de la ville— partagent la même organisation et le même local électoral.

Agnès Maltais va être réélue mardi. Je n’ai aucun doute là-dessus. Par contre, je donne pas cher de la peau du PQ le jour où elle va se retirer. Ça faisait longtemps que c’était pas arrivé mais on dirait bien que le temps joue en faveur de la gauche au centre-ville.

* * *

C’est un texte intitulé : L’envol des bénévoles qui m’a lancé dans cette longue tartine (une gracieuseté “Orlean Express”).

- Si tu vote pour Québec solidaire, ça pourrais changer les choses…

- pfffff 4 297.

- Si tu vote pour Québec Solidaire, tu vote pour le Parti libéral…

- pffff 4 297.

- Il faut voter stratégique, sinon on va avoir les libéraux majoritaires…

- pffff 4 297.

4 297. C’est le nombre de voix de majorité obtenu par Agnès Maltais, la députée péquiste de mon comté, lors des élections de 2012. C’était la troisième élection d’affilée où sa majorité était au dessus de 3000 voix. Depuis sa première élection, en 1998, elle n’a jamais eu en bas de 1 690 voix de majorité (ça c’était en 2003).

4 297. Arrêtez de me faire chier. Je vais m’abstenir si ça me tente. Pis si jamais je décide d’aller voter, je vais voter pour qui je veux. Anyway, ça changera rien.

Je continue ici ma réponse commencée hier (1) au texte d’Alternative socialiste “Boycotter les élections, c’est donner un chèque en blanc aux classes dirigeantes !” (2). La deuxième partie du texte d’AS étant plus courte, ma réponse le sera également.

D’entrée de jeu, je veux faire remarquer que les camarades d’AS appliquent au Parti Nul, dans un mimétisme hallucinant, la même logique que les péquistes appliquent aux solidaires. Qu’on en juge, AS écrit : “Cette organisation [le Parti Nul] présente des candidats dans des circonscriptions où Québec solidaire peut l’emporter (Saint-Marie-Saint-Jacques, Laurier-Dorion, Hochelaga-Maisonneuve). Sauf pour Laurier-Dorion, la lutte se joue entre Québec solidaire et le Parti Québécois, ne vaudrait-il pas mieux mobiliser nos énergies à combattre l’hypocrisie du PQ et voter pour les candidats solidaires?” En quoi cela est-il différent de la rengaine péquiste qui voudrait que les solidaires arrêtent de leur opposer des candidats au risque de leur faire perdre des sièges voir de faire élire des libéraux? Et surtout, pourquoi la réponse des abstentionnistes devraient elles être différentes de celle des solidaires face aux péquistes (i.e. On vote pas solidaire parce qu’on est pas solidaire)?

AS passe ensuite à une critique du Parti communiste révolutionnaire, que l’on accuse de lancer le même appel au boycott depuis plus de 10 ans. AS rappelle que, pour le PCR, “les élections ne servent à rien et pour eux « notre vraie victoire passe par le développement de nos luttes et de nos organisations de combat pour renverser le vieil État et bâtir un nouveau pouvoir, une nouvelle société. Alors, boycottons leurs élections! »” Fair enough, c’est une position qui me semble se tenir. Pas pour AS qui reproche au PCR de ne pas expliquer dans leur proposition “comment réellement construire ces organisations de combats”. Ça me semble plutôt injuste et court comme critique. De deux choses l’une, premièrement chaque déclaration d’un groupe politique n’a pas à renfermer l’ensemble du programme de ce groupe, deuxièmement, ce n’est pas comme si le PCR faisait un mystère sur ce que sont pour lui les organisations de combats et comment les construire. J’ai beau ne pas être d’accord avec les maoïstes, il me semble que leur programme est particulièrement clair. Autre critique qui me semble également injuste et invalide, AS écrit “depuis 10 ans, les effectifs du PCR n’ont pas augmenté et son influence réelle sur le mouvement ouvrier reste nulle, alors pourquoi s’entêter à suivre une ligne qui ne fonctionne pas ?” Bien que n’étant pas dans le secret des dieux, j’aurais tendance à être d’accord. Mais, et c’est un gros mais, il me semble que c’est le cas de l’ensemble de la gauche marxiste. Sérieux, on pourrait dire la même chose exactement de l’ensemble des courants marxistes révolutionnaires qu’ils soient intégrés dans QS ou pas. QS grossi, c’est indéniable mais pas les collectifs marxistes qui y participent. En fait, ils sont pour la plupart en voie de marginalisation complète dans le parti et c’est pour se sortir de l’impasse qu’ils ont fondés le réseau écosocialiste qui, après un départ prometteur, montre des signes évident d’essoufflement (3).

La critique qu’AS fait ensuite des anarchistes est totalement de mauvaise foi et caricaturale. AS écrit : “Ces derniers [les groupes anarchistes] appellent à la création d’un contingent abstentionniste pour la manifestation de l’ASSÉ le 3 avril prochain. Ils s’abstiennent parce que selon eux : « Les élections ne sont qu’une diversion de plus pour légitimer et banaliser les attaques frontales du capital sur l’ensemble de la société. » Alors, plutôt que d’avancer des revendications qui dénoncent « les attaques frontales du capital sur l’ensemble de la société», ils gaspillent leurs énergies sur un contingent abstentionniste.” Pardon mais… C’est complètement ridicule. Le fait de mobiliser pour une manifestation contre l’austérité sur le thème “aux riches de faire leur part” n’est-il pas précisément une façon d’avancer des revendications qui dénoncent les attaques frontales du capital? Et si proposer un cortège abstentionniste est un gaspillage d’énergie, qu’en est-il de ceux et celles qui proposent… un cortège solidaire dans la même manif?

Quand AS écrit “que les militant-e-s de gauche ne se positionnent pas sur les enjeux de la campagne électorale, cela fait l’affaire de classes dirigeantes” je me demande s’ils savent lire. Les anarchistes et autres abstentionnistes se positionnent sur les enjeux de la campagne électorale : ils sont contre la participation parce que le PQ et le PLQ sont interchangeables et que la meilleure manière de s’opposer à leur politique n’est pas d’envoyer deux, trois, quatre ou cinq députés solidaires sur 125 à l’assemblée nationale mais de construire une opposition extraparlementaire. Avoir un positionnement différent ne veut pas dire ne pas avoir de positionnement.

Le comble du ridicule et de l’aveuglement volontaire est par contre atteint ici : “qui selon vous fait le plus peur à la bourgeoisie en ce moment, un contingent d’une centaine de personnes que la police mate comme elle veut à chaque fois qu’elle manifeste où le fait que plus de 260 000[9] personnes se montre publiquement en faveur; du rétablissement de la taxe sur le capital, d’augmenter les impôts des entreprises, d’augmenter le salaire minimum, d’interdire les lock-out et les injonctions contre les piquets de grève, d’abroger le règlement P-6 et nationaliser nos ressources naturelles, comme le propose la plate-forme électorale de Québec solidaire? Poser la question, c’est y répondre.”

Eh bien, les camarades d’AS seront peut être surpris d’apprendre que j’ai une réponse qui diffère de la leur. Je mettrais ma main au feu que ce qui a fait le plus peur à la bourgeoisie dernièrement ce ne sont pas les 6,03% de QS aux élections de 2012 —dont je suis certain que la majorité n’a jamais lu la plateforme du parti— mais bien les centaines de milliers de personnes prêts à prendre la rue pour défier la loi spéciale à l’appel de la CLASSE. Soyons clair : si la grève étudiante a inquiété le pouvoir, ce sont les élections qui l’ont rassuré.

==

1) http://nicolasphebus.tumblr.com/post/81264548954/boycotter-les-elections-cest-boycotter-les

2) http://alternativesocialiste.org/?q=node/37

3) Le réseau écosocialiste est né d’un appel de Gauche socialiste, un autre collectif marxiste révolutionnaire de QS. Malgré que Québec soit un des endroits où ils sont sensé être assez fort, le réseau n’a même pas été capable d’envoyer de représentant ni de faire de pub pour un événement que leur avait organisé le Collectif Subvercité pour qu’ils présentent leurs positions.

Un petit groupe politique, Alternative socialiste (AS), vient de sortir un article assez long (1) pour réfuter les positions abstentionnistes de certains groupes révolutionnaires. Personnellement, je trouve que c’est de la bouette mais puisque des ami-e-s se donnent la peine de le partager, je vais tenter de répondre à ce qui me semble tiré par les cheveux.

Mais d’abord j’aimerais souligner une chose. Je trouve étrange que des solidaires servent aux abstentionnistes la même médecine que leur servent… les péquistes. En effet, le titre de leur article, “Boycotter les élections, c’est donner un chèque en blanc aux classes dirigeantes !”, n’est pas très éloigné du “voter pour Québec solidaire c’est voter pour le Parti libéral du Québec” des péquistes. En fait, c’est la même affaire. Et, tout comme voter pour QS c’est voter pour QS, boycotter les élections c’est… boycotter les élections. Je voudrais pas être plate mais, même si je décidais d’aller voter QS dans mon comté, la députée péquiste qui sera vraisemblablement élue va quand même avoir “un chèque en blanc” jusqu’aux prochaines élections. Je trouve aussi étrange qu’AS écrit “peu importe la conjoncture politique du moment, ils refusent de participer au jeu parlementaire” puisque c’est exactement ce que ce groupe fait lui aussi (peu importe la conjoncture, il participe aux élections via QS).

1. À beau mentir qui vient de loin (et parle d’il y a très longtemps)

La premier partie de leur texte est une argumentation “marxiste” aussi classique que mensongère. Je parie que l’immense majorité de leur lectorat ne sera familier avec à peu près rien de ce qu’AS avance et ne sera juste pas capable de se faire une opinion autonome faute de connaissance historique (et personne ne peut les blâmer, qui de nos jours s’intéresse aux débats du mouvement ouvrier de la fin du XIX et du début du XXe siècle?).

D’entrée de jeu, la première affirmation de cette section, à l’effet que “les premières batailles du mouvement ouvrier européen ont porté sur les droits et liberté”, est fausse. De fait, les premières batailles du mouvement ouvrier ont été contre l’introduction de machines (le luddisme) et contre la destruction des métiers d’artisans par l’industrialisation. Bien avant les luttes sur les droits et libertés, il y a eu des luttes épiques à caractère économique (les canuts). C’est d’ailleurs l’un des truisme de base du marxisme que, par lui-même, le mouvement ouvrier n’est capable que d’une conscience économique (trade-unioniste) et que la conscience politique (socialiste) doit lui venir de l’extérieur.

Il est curieux que les “marxistes” nous ramènent toujours l’histoire des grèves générales belges, comme si la Belgique était un pays important que ce soit par rapport à l’Europe ou au mouvement ouvrier!

L’assertion à l’effet que “les ouvriers de l’époque [fin XIX début XXe siecle] avaient deux choix, allés vers le terrorisme anarchiste et le complot blanquiste[2] ou s’organiser en parti politique, acquérir des libertés civiles et ainsi pouvoir agir au grand jour” est rigoureusement fausse. Il y avait un troisième choix : le syndicalisme révolutionnaire incarné par la force montante de la CGT. Il est également rigoureusement faux de dire que “la vaste majorité des travailleurs choisirent la deuxième option [le parti]”. C’est vrai en Angleterre, en Bégique, en Allemagne mais c’est faux en France, en Espagne, en Italie ou les libertaires tenaient le haut du pavé jusqu’à la révolution russe.

L’assertion à l’effet que “les partis marxistes de l’époque utilisaient les parlements pour pour propager leurs revendications socialistes parmi les masses, ils savaient bien que c’était le seul moyen pour faire des gains significatifs, et ainsi entretenir le niveau de conscience pour l’ensemble de la classe ouvrière, et non uniquement pour certains secteurs industriels comme c’était le cas avec le syndicalisme révolutionnaire” est également fausse. Premièrement, les partis marxistes se servaient des parlements comme tribune mais c’est par leur presse, leurs syndicats et un riche tissus d’associations en tout genre qu’ils propageaient leurs revendications socialistes. Le socialisme allemand, par exemple, formait littéralement une contre-société. Deuxièmement, l’idée comme quoi le parlementarisme est le seul moyen pour faire des gains significatifs ne tient pas la route et ne colle pas à l’histoire du monde. L’Etat social c’est construit à coup de grèves générales comme celle de juin 1936 en France (c’est là que les ouvriers ont gagné le droit aux vacances), les sit-down strike’s aux États-Unis (le new deal) ou alors les armes à la main (les conquêtes antifascistes de l’après-guerre qui enchâssent dans les constitutions européennes la plupart des revendications historiques du mouvement ouvrier sont une réponse non pas à l’action parlementaire des marxistes mais au fait que c’étaient les communistes qui avaient le plus d’armes entre les mains!). Troisièmement, le syndicalisme révolutionnaire à concerné tout le prolétariat et pas seulement le secteur industriel (il y avait un syndicat des garçons de café dans la CNT!).

Lorsqu’on nous dit que “les élections demeurent, là où c’est possible, un espace utile de confrontation avec le capital et surtout un moyen pour diffuser les idées socialiste” j’aimerais que l’on me donne des exemples. Quelles idées socialistes ont été diffusées et dans quelle élection? Honnêtement, je cherche encore.

Dans le même ordre d’idée, quand on écrit “le danger ce n’est pas l’implication dans le parlement bourgeois, mais plutôt la collaboration de classe et le réformisme” j’aimerais que l’on m’explique comment on compte éviter ce glissement vers le réformisme qui fut le lot de *tous* les partis ayant participé à des élections et des parlements bourgeois. Après tout, il appert qu’un seul député (un seul!) du plus grand parti marxiste de tous les temps, celui de Rosa Luxembourg, a résisté à la collaboration de classe et voté contre les crédits de guerre en décembre 1914 (après avoir voté une première fois pour, en août, par respect pour la discipline de parti)?

On nous dit, pour finir cette première partie que “le boycottage du parlementarisme bourgeois n’est pertinent qu’en période révolutionnaire et son succès implique une organisation de masse”. On pourrait arguer de la même chose à l’inverse pour une politique réussie de participation électorale mais passons. Là où ça devient carrément inquiétant c’est ici : “les anarchistes vont répondre que « seule la lutte paie » ou « c’est uniquement dans la rue que ça se passe », en situation de guerre civile c’est vrai, mais en attendant ?” Est-il possible de si mal comprendre la position anarchiste?

Ce que nous disons ce n’est pas que seule la lutte révolutionnaire, armée, finale et irréversible paie. C’est plus simple que cela. Seule la lutte, toute forme de lutte, paie. Point. Pour gagner quelque chose, il faut se battre, on ne peut pas s’en remettre à des députés même solidaires. Pour l’instant, et pour encore un bon bout de temps, c’est le rapport de force des mouvements sociaux qui permet de faire des gains et pas l’action parlementaire de QS. Alors oui, c’est dans la rue que ça se passe (par ailleurs, on a jamais dit *uniquement* ça c’est AS qui l’écrit).

Je reviendrai sur le reste du texte plus tard.

1) http://alternativesocialiste.org/?q=node/37

No Pasaran - Klay BBJ

Une petite pause dans nos niaiseries électorales. C’est triste ce qui nous arrive mais notre nostalgie du printemps 2012 n’est rien comparée à cette colère là. Ce clip c’est du rap fâché et contestataire de Tunis. C’est apparu ce matin dans mon dashboard de tumblr et j’ai eu envie de vous le partager.

Selon mes recherches, ça a été fait il y a deux ans (en plein pendant notre printemps donc) et ça proteste contre le dévoiement de la révolution tunisienne. Ça commence sur une citation du poète Abou Kacem Chebbi, «Aux tyrans du monde» - Ila Toughat A l Alem - écrit en 1934, et prédisant une révolte contre l’oppression (tiens ça me rappelle les bêtes féroces de l’espoir). Le clip a été produit pour sortir le 9 avril en soirée, pour coïncider avec le jour des martyrs (grosso-modo, si j’ai bien compris, c’est quelque chose de l’ordre de la journée des patriotes pour la Tunisie). Les images de la toute fin ont été tournées le jour même, alors qu’une manifestation de jeunes pour commémorer la dite journée des martyrs était sévèrement réprimée.

P.S.: Oui, je sais, c’est très macho et masculin comme imaginaire pas besoin de me le souligner.

Paroles

[Partie parlée]

Oppresseur, dictateur
Adorateur de la nuit, ennemi de la vie
Tu t’es joué de la faiblesse d’un peuple acculé
Et dans le sang, tes mains ont baigné

Ils ne passeront pas, ils ne passeront pas,
Mon sang et celui des martyrs ne fait plus qu’un
Ils ne passeront pas

Je soulève mon torse pour protéger le mur
Ils ne passeront pas, et s’ils le font
Ca sera sur mon cadavre, à coup sûr

[Klay BBJ]

Je le jure ils ne passeront pas, seul l’injuste nous nuira
S’ils passent c’est sur mon cadavre, et je n’aurais pas le choix
Nous allons vivre dignes, nous allons vivre libres
Nous allons vivre pour dire au gouvernement no pasaran

Bien sur que je crois en Dieu, et en ma religion l’Islam
Musulman de père en fils, mais avec la politique pas d’amalgames

Peu après la révolution nos droits se sont évaporés
Par pitié, dites moi où est ce qu’ils sont passés ?
Dorénavant, je vais parler sans peurs
Et pour me protéger m’en remettrait au Seigneur

Où étaient les partis quand Zine nous oppressait ?
Ils avaient fui le pays et nous avaient rapidement oublié
Ils ont sauté dans l’avion et sont revenus
Quand ils ont su que le dictateur était déchu
Et qu’on avait ramené la liberté à mains nues

Ils sont venus voler notre révolution après qu’on nous ai blessé et tué
Nous ont divisé en droite et gauche, et ont voulu nous faire entretuer
Le sang des martyrs aura coulé pour rien, et sera resté sur nos mains
Mais avec nous, No pasaran, nous continuons notre révolution

Quand on a fait déguerpir Zine, le trône est devenu aisé
Alors ils nous ont bercés et bernés avec une assemblée
Suis allé m’inscrire et voter pour, à Bouazizi, rendre hommage
Entre temps, sans me le dire, ils élisaient un président au suffrage

Ils ont choisi un pantin dirigé de loin par des marionnettistes
Celui qui pense faire n’est qu’un instrument
La Tunisie une terre d’illusions, menée par la police
Dirigés par un myope, lui même guidé par les aveugles

La chance de la Tunisie tourne, et chaque jour un peu plus encore
Etant donné que celui qui la dirige est à la solde des USA
Vous qui avez bousillé le pays et voulez encore plus écraser le citoyen
Dieu est avec nous, je m’en remet à lui et suis serein

[Refrain x 2]
No pasaran, avec nous ils ne passeront pas
Peu importe combien ils poussent, ils ne nous casseront pas
Le poing du peuple est prêt et il ne fatiguera pas
Pas grave s’ils nous tuent, promis ils ne passeront pas

Système de merde, la situation du pays fout la rage
Pour vivre en Tunisie, d’hypocrisie il faut que tu nages
Ils violent le pays et le peuple ne fait que regarder
L’état nous met profond, et on se dit que ca va aller

Ils nous demandent de traiter le policier avec respect
Qu’on devrait étudier le droit avant d’aller manifester
Depuis longtemps, la Tunisie n’a plus de salaire régulier
Et Ce qui était interdit avant est maintenant péché

"Le policier sert le citoyen" .. ca me fait bien rire
Il applique à la lettre tes ordres comme un bon sbire:
Dans la rue quand tu arrêtes un citoyen, sur lui ne lève pas la main
Mais par contre une fois au poste, fais toi plaisir, matraque le bien

Le peuple en a marre, ras le nez, et plein le cul
Plus d’un million de chômeurs aujourd’hui encore à la rue
Ceux qui nous dirigent, osent dire qu’on est sur le bon chemin
Normal quand on sait que leprésident qui n’y voit pas bien

Ils nous mènent dans un précipice, et le peuple perdu y va
Quand tu demandes tes droits, ils te donnent du nada enda
Quand j’entend “La Tunisie est libre”, j’en pleure de rire
Le léchage de cul est un devoir civil, si tu veux t’en sortir

Eh gouvernement de la honte, le peuple n’est pas demeuré
Dans le temps, il n’y comprenait rien et pouvait être berné
Fais gaffe, ne titille plus le peuple, ou tu verras l’enfer
Notre mentalité, no pasaran, sortira de nos viscères

Les coups ne cassent pas un peuple, ils le renforcent
Dieu est avec nous, et tu n’y pourras rien avec tes forces
Eh gouvernement, tes lois je n’en ai plus rien à branler
Tu ne passera pas, et avec ta constitution tu peux te torcher

[Refrain x 2]

No pasaran

Qu’on le veuille ou non, le thème de l’identité s’est imposé dans cette campagne électorale. Et c’est précisément sur ce terrain que tous les artis, y compris Québec solidaire, me perdent. La soupe identitaire que l’on nous propose me répugne. Invoquer nos racines canadiennes-françaises catholiques ça me donne envie de vomir.

Des amis me disent : «ouais, mais l’identité, le nationalisme, c’est pas nécessairement juste mauvais, c’est humain, ça a du bon». C’est vrai, il y a un minuscule courant qui arrive à manier identité et nation sans se brûler. Marc-André Cyr est arrivé dans sa chronique à aborder ces thèmes sans que j’ai automatiquement envie de m’enfuir. Le rappeur Manu Militari y arrive de temps en temps (il y est presque dans Je me souviens).

Paradoxalement, mais est-ce réellement paradoxal, après tout, il est aussi question de culture, c’est un band étoile filante de l’underground montréalais, Corrigan Fest, qui a réussi le mieux à mettre des mots sur mon senti et me toucher dans la toune «Je suis fils».

Je suis fils
Écouter .

Je suis fils de marin qui traversa la mer
Je suis fils de soldat qui déteste la guerre
Je suis fils de forçat, criminel évadé
Et fils de fille du Roy, trop pauvre à marier
Fils de coureur des bois et de contrebandier
Enfant des sept nations et fils d’aventurier
Métis et sang-mêlé, bien qu’on me l’ait caché
C’était sujet de honte, j’en ferai ma fierté

Je suis fils d’Irlandais, poussé par la famine
Je suis fils d’Écossais venu crever en usine
Dès l’âge de huit ans, seize heures sur les machines
Mais dieu sait que jamais je n’ai courbé l’échine
Non, je suis resté droit, là devant les patrons
Même le jour où ils ont passé la conscription
Je suis fils de paysan, et fils d’ouvrier
Je ne prends pas les armes contre d’autres affamés

Ce n’était pas ma guerre, alors j’ai déserté
J’ai fui dans les forêts et je m’y suis caché
Refusant de servir de chair à canon
Refusant de mourir au loin pour la nation
Une nation qui ne fut jamais vraiment la mienne
Une alliance forcée de misère et de peine
Celle du génocide des premières nations
Celle de l’esclavage et des déportations

Je n’aime pas le lys, je n’aime pas la croix
Une est pour les curés, et l’autre est pour les rois
Si j’aime mon pays, la terre qui m’a vu naître
Je ne veux pas de dieu, je ne veux pas de maître
Je ne veux pas de dieu, je ne veux pas de maître

Paroles et musique : Xavier Pétermann