Libre expression

Bienvenue dans la rallonge de mon compte Twitter. Blogue anarchiste, personnel et iconoclaste (i.e. pas nécessairement anarchiquement correct).




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Five Broken Cameras

Ce documentaire, que je n’avais encore jamais regardé, raconte la résistance d’un petit village palestinien contre la construction du mur de séparation. C’est construit autour de la parole et des images d’un dude, un paysan, qui vient d’avoir une caméra, en même temps que son village entre en résistance. Ça montre le quotidien de l’occupation, de la colonisation, de la résistance. Pas de super-héros ici, que des hommes et des femmes que les circonstances amènent à faire des choses extrordinaires  Utile pour comprendre et humaniser la résistance palestinienne. À voir.

Solidarité Québec - Palestine

C’est un peu plus molo à Québec qu’à Paris. Quelques photos du Die-in de cet après-midi trouvée sur Facebook (ben oui, j’ai manqué le rassemblement comme un con).

Crédit photo : Rabah Moulla

goodmorningleftside:

momo33me:

Despite French President François Hollande’s ban on Palestine solidarity demonstrations, thousands of protesters marched in French cities on Saturday to condemn Israeli attacks on Gaza. Clashes broke out after riot police fired tear gas at protesters .19. July 2014

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Ça chauffe à Paris (photo de la manif interdite qui a eu lieu coûte que coûte)

Des fois il faut rapprocher les choses de soi pour essayer de visualiser un peu quel ampleur elles ont. Ainsi, selon Google, Montréal et la bande Gaza ont à peu près la même superficie (360 km2) et une population semblable (1,6M dans un cas, 1,8M dans l’autre).

Alors voilà, imaginez que 342 montréalais-es étaient mort-e-s sous les bombes depuis 12 jours et 2 390 autres blessés. Imaginez que 80% de ces morts là avait juste pas rapport, des gens que la mort vient faucher chez eux, du monde qui était au mauvais endroit, au mauvais moment (des enfants à la plage, tient, ou une famille qui n’a pas été capable de sortir grand-père de la maison en dedans de 57 secondes après le coup de semonce sur le toit).

C’est ça qui se passe en ce moment en Palestine. En face, il y a eu 2 morts civils israéliens et 3 soldats. Dont un touché par un tir ami.

Je suis retombé là dessus aujourd’hui. Ça date de juin 2010, j’avais posté ça sur mon Facebook parce qu’à l’époque je n’avais pas de blogue perso. Ça me semble toujours aussi pertinent.

Je fite pas

Je viens de finir «Clenched fists - Empty pockets», une brochure de Kersplebedeb. Ça parle des trajectoires de classe. Plus précisément de l’expérience des militants d’origine populaire dans la gauche petite-bourgeoise. C’est intéressant et ça ma fait réfléchir à ma propre situation fucké. Conclusion: je fite pas pis j’ai jamais fité.

Mes parents sont de la première génération à avoir eu accès à l’université. Pourtant, contrairement à plein de gens (la majorité) dans leur situation, ils venaient pas d’un background ouvrier mais plutôt d’employés. Leurs parents à eux étaient des cols blancs.

Pour différentes raisons, l’université n’a pas été un ascenseur social pour eux. Au final, malgré toute leur bonne volonté, ils se sont retrouvé à la même place que leur parents avant eux. Plus bas, en fait, parce qu’en cours de route ils avaient perdu l’affiliation syndicale et la job à vie.

Toujours est-il qu’enfant je me suis retrouvé dans un ghetto de pauvres de Ste-Thérèse. Mais je fitais pas. Les quatre ans que j’ai passé avec mon père, il était sur le BS. Déjà que c’était pas évident d’avoir un père monoparental (au lieu d’une mère monoparentale comme tous mes amis), en plus mon père était un chômeur en dépression avec un diplôme universitaire. Je me rappelle que vers huit ans j’ai essayé de lui trouver une job avec des amis… Mission impossible: tout ce qu’il y avait, tout ce qu’on connaissait, c’était les grandes usines (GM, Kenworth, etc.) ou les ateliers de mécaniques. Mon père dans un atelier de mécanique? You bet… Lui, il cherchait plutôt dans la section «carrière & profession» de La Presse du samedi [évidemment, il a jamais trouvé, mais ça c’est une autre histoire!]. Toujours est-il que je fitais pas. J’étais une bolle, un rat de bibliothèque, pis j’haissais le sport. En plus j’étais mal habillé, j’avais tout le temps faim pis mon père était bizarre.

Arrivé à Montréal, j’ai abouti chez ma mère. Grande amélioration. Elle était pas sur le BS et avait un chum. Bon, sa job était bizarre, apprendre à des adultes poqués à lire dans un appartement au lieu d’une école, mais c’était gérable et, surtout, explicable sans trop de honte. N’empêche que je fitais pas plus! À l’école, il y avait deux grandes gang. Les petits-bourgeois d’Outremont pis les bums de Côte-des-neiges. J’ai passé deux ans à me promener d’une gang à l’autre sans me sentir à ma place nulle part. Trop de culture et pas assez de sport pour les uns, pas assez de manières et d’argent pour les autres. Toujours un ostie de rat de bibliothèque rejet (c’est d’ailleurs à la bibliothèque que je me suis réfugié quand j’ai foxé mon premier cours à vie).

Plus tard, ça c’est un peu placé au secondaire. Je me suis retrouvé pendant un temps dans une classe de bolles dans une école publique rough & tough. Je me suis retrouvé à ma place dans une gang mixte d’immigrants et de québécois du même genre que ma mère (i.e. pauvre mais intello sur les bords). Mes nouveaux amis lisaient des livres *et* étaient obligé de travailler pour avoir de l’argent de poche. Plus tard j’ai lâché l’école et ça a été les punks. Là aussi aucun problème.

Mais je n’étais pas au bout de mes peines. Tout a recommencé dans la gauche. Ici, l’insulte suprême c’est «petit-bourgeois». Je me suis fait cataloguer comme ça assez rapidement par certains grands bonzes. À vue de nez, je devais avoir le profil. Intello, culture livresque, pas d’habilités manuelles. L’affaire est entendue. Je me souviens d’avoir dit à ma mère qu’on était de classe moyenne. Elle était en beau joual vert! Elle m’a garroché par la tête qu’elle avait jamais fait plus de 30 000$ de toute sa vie [à l’époque, fin 1980, début 1990, ça me semblait beaucoup d’argent mais j’ai déchanté depuis…] le tout suivi par une longue tirade sur les osties de communistes qui ont jamais rien compris pis qui lisent le Journal de Montréal pour «faire peuple» même si c’est insignifiant et décervelant (!)…

Malgré ma mère, je me suis laisser convaincre par la gauche que je n’avais pas le droit de me revendiquer prolo et que j’étais objectivement un petit-bourgeois. Et c’est comme ça que je suis abouti à Québec. Jeune à la dérive, ni tout à fait punk, ni tout à fait straigt. J’ai tenté un retour à l’école pour me rendre compte que, finalement, c’était peut-être pas pour moi. J’ai aimé le mouvement étudiant mais pas le cégep. J’ai décroché définitivement. Tant pis pour les diplômes. Ma rencontre des étudiants m’a d’ailleurs poussé à recommencer à me poser des questions sur mon identité de classe.

Depuis 15 ans, je fréquente des étudiants et des ex-étudiants. Forcément, la gauche en est peuplé. Il y a du bien bon monde, dont tout plein de monde comme moi. Mais cette fréquentation m’a forcé à reconnaître que je n’étais pas un petit-bourgeois. Je voudrais bien mais je n’ai pas le capital culturel. Je ne sais jamais trop comment me tenir, ni ce qu’il faut apporter à un souper. Il me manque encore plein de codes. J’ai trouvé des trucs pour donner le change, créer de l’illusion mais ce n’est pas mon monde. J’ai des amis que j’aime beaucoup dont c’est le monde mais je me sens toujours un peu en visite (comme quand je vais à la campagne). Je fite juste pas.

Bon. Prolo peut-être pas. Petit0-bourgeois non plus. Alors quoi? Il y a encore du monde pour remettre en question mon appartenance aux classes populaires. Après tout, j’ai une bonne job dans le communautaire avec un fort degré d’autonomie. Je ne suis pas exactement le plus opprimé des opprimés. Et pourtant (on pourrait s’en reparler de la job et de mes options professionnelles réelles…). Je fitte nulle part dans les petites cases. Nulle part ailleurs à part peut-être au milieu des gens avec lesquels j’ai grandi dans les quartiers des grandes villes. Avec le temps, je me suis rendu compte qu’on était une couple à pas aimer le sport et à préférer la lecture d’un polar.

Posté dans la catégorie «ça a l’air d’un blog-post mais c’est sur Face book parce que j’ai pas de blogue perso»

Hier le NPD a finalement publié une déclaration sur la situation à Gaza et en Israël. La voici. C’est comme je m’y attendais, pathétique. La seule chose qu’ils trouvent inacceptable et qu’ils condamnent sans équivoque c’est les roquettes du Hamas et des autres groupes armés palestiniens. Ils parlent de la “riposte” israélienne mais sont incapable de la condamner clairement. Tout ce qu’ils font c’est de demander un cesser le feu.

Ça me fait penser aux péquistes et autres bien pensant qui condamnaient la violence abstraitement pendant la grève étudiante du printemps 2012, qui mettaient la police et les militant-e-s sur un pied d’égalité.

Quand est-ce que les réfos et les mous de ce monde vont enfin réaliser / admettre / se souvenir qu’il ne peut pas y avoir de paix sans justice?

http://www.npd.ca/nouvelles/le-npd-demande-au-gouvernement-canadien-dappuyer-un-cessez-le-feu-au-proche-orient

Pour que notre monde travaille

Un film court mettant en vedette des membres de la FTQ-Construction de la Côte-Nord pendant une action sur la mobilité de la main d’œuvre. Ça vaut le coup, pour une fois, d’entendre la voix de ceux qu’on traite souvent de goons.

Au début juillet, Paul Deware, critique de l’opposition officielle en matière d’affaires étrangères, a fait deux déclarations coup sur coup concernant les adolescents israéliens enlevés et assassinés puis l’adolescent palestinien qui a subit le même sort.

Dans l’une de ces déclarations on pouvait lire : “Le fait de cibler des civils à assassiner est un acte de terreur répréhensible et encore plus lorsqu’il s’agit d’enfants. Tous les jeunes ont droit de vivre, d’apprendre et de grandir dans la dignité et dans un climat de paix protégé par le droit international.”

C’est noble. Maintenant, j’aimerais bien savoir ce que pense le NPD de ce qui est en train de se passer à Gaza. On se doute bien que l’opposition officielle condamne les roquettes lancées sur Israël mais quand est-il de la “riposte” complètement disproportionnée de Tsahal? Est-ce que bombarder des civils, massacrer des dizaines d’innocents pour, peut-être, éliminer quelques cadres du Hamas est un acte de terreur répréhensible?

J’attends une déclaration du NPD sur la situation à Gaza, qui est essentiellement une prison à ciel ouvert, mais j’avoue avoir perdu espoir il y a longtemps. Si le NPD ouvre la bouche sur le sujet, j’ai bien peur qu’il ne renvoie dos-à-dos Israël et l’Autorité palestinienne, comme s’il s’agissait de forces vaguement égales, voir carrément qu’il prenne le parti d’Israel, pauvre victime de terrorisme, en passant sous silence l’occupation militaire brutale de la Palestine.

C’est dommage, dire que ce parti a déjà été un des symboles canadien du pacifisme et de l’internationalisme.

Parce que la bouffe c’est révolutionnaire…

Je me trouvais ben drôle tantôt avec mes annonces de BBQ, comme si manger ensemble était révolutionnaire. Pourtant, ça peut l’être. Surtout quand t’as faim.

La bouffe est au coeur de l’action communautaire au Québec. À chaque réunion importante il y a de la bouffe, à chaque fête, à chaque manif. C’est parce que le monde a faim. Bien sur. Mais c’est aussi parce qu’on se rassemble autour de la bouffe, et que les langues se délient.

Mais bon, l’action communautaire c’est réfo. Full réfo. Y’a rien de révolutionnaire à nourrir le monde, à donner des services sociaux gratuits. C’est limite chrétien. La gauche, pourtant n’a pas toujours été de cet avis.

Prenez les Black Panthers. Ça c’est un groupe radical, révolutionnaire. On en garde une image virile de mecs en armes (et de quelques filles aussi mais surtout des mecs). Pourtant, les armes, ce n’était que l’un des dix points du programme du party. L’image des Panthers ça aurait aussi pu être celle d’un homme avec un tablier qui tend une assiette avec un déjeuner à un gamin.

Quelques photos trouvé ici et là sur le net, montrant des Panthers en plein délit d’action communautaire. Parce que la bouffe, c’est révolutionnaire.


Un rush d’époque sur le BPP


Voici un film trouvé sur le site des archives de la télévision française. C’est fascinant. Voici la description tirée du site ina.fr : «programmé en mai 1968 par “Cinq colonnes à la une”, mais non diffusé, consacré au parti révolutionnaire afro-américain, le Black Panther Party, et à leurs actions appelant à la libération de leur leader emprisonné, Huey NEWTON. Des images non commentées de quartiers noirs aux Etats-Unis, et de meetings organisés par les Black Panthers (discours traduits), à Oakland, alternent avec des interviews de militants noirs, dont Huey NEWTON. Lors de son interview, Huey NEWTON se confie sur les brimades subies en prison, et sur le programme marxiste léniniste de son parti. Les militants du Black Panther Party, interviewés, énoncent leurs revendications et leurs actions quotidiennes envers la population noire. Une femme noire témoigne sur la prise de conscience récente des femmes noires de leur beauté.»

Comme je vous disais l’autre jour, les anars et leurs ami-e-s qui ont envie de s’éclater à Québec sont servi en terme d’activité.

Ce soir : Bakounine beer and burger party

Aujourd’hui 1er juillet, la librairie sociale autogérée La Page Noire renait de ses cendres au deuxième étage de l’AgitéE. Pour souligner l’occasion, qui de mieux qu’un traditionnel BBQ en présence de l’homme orchestre Norman Nawrocki qui lance «déjeuner pour les anarchistes». Ça commence à 17h sur la terrasse et ça se poursuit en dedans par la suite. Notez que la Page noire, tout comme la terrasse avant 20h, est «all ages» (contrairement à l’AgitéE qui est 18 ans et plus).

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Bon, certain-e-s diront que les anticapitalistes sont pas full original mais toujours est-il que le Collectif Subvercité vous invite lui aussi à un BBQ sur la terrasse de l’AgitéE… le 4 juillet.

Extrait de l’annonce qui circule :

Invitation à festoyer

Le Collectif Subvercité invite ses membres, sympathisant.es et simples affamés de la saucisse végé ou carnée à venir discuter gratuité, société, été et politique au BBQ du Bar-Coop L’AgitéE ce vendredi 4 juillet dès 17 h.

Notons que le collectif lance une campagne estivale de financement pour la campagne Réseau pour un transport en commun gratuit - RTCGratuit.

Au plaisir de vous croiser sur la terrasse.

Fa que, voilà, ne me remerciez pas : deux soupers de réglé cette semaine, trois si on compte la boustifaille du jeudi… également à l’AgitéE! (avec un peu de chance peut-être que le Réseau éco-socialiste fait peut-être quelque chose mercredi?)